Daniel Scheidermann dans son matinaute du jour ajoute:
A la sommation qui nous est faite, à nous journalistes, de nommer les choses, les phénomènes, les crises, les doctrines, les institutions, ou les gens, comme ils ont toujours été nommés, comme on veut que nous les nommions. Et à l'incroyable et subversif pouvoir qui consiste à les dé-nommer, à les autre-nommer, quand ça nous chante, pouvoir que nous devrions exercer plus souvent.
Depuis le 16 mai 2007, la compagne de mes jours n'a plus jamais prononcé son nom, plus jamais, pas une erreur, pas un oubli. Au départ j'ai pris cela comme une bouderie dont elle n'est pourtant pas coutumière. Aujourd'hui, ici, je m'engage à faire comme elle dès le soir du second tour, si d'aventure nos concitoyens décidaient de le reconduire à cette fonction. Je les connais trop depuis 3 siècles pour espérer en leur discernement:
Dès 1665, Spinoza interrompt provisoirement la rédaction de l’Ethique et écrit son Traité théologico-politique, dont une des questions principales est :
- pourquoi le peuple est-il si profondément irrationnel?
- pourquoi se fait-il honneur de son propre esclavage?
- pourquoi les hommes se battent-ils « pour » leur esclavage comme si c’était leur liberté?
- pourquoi est-il si difficile non seulement de conquérir mais de supporter la liberté?
